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L'audition
Une
plus grande partie du cerveau est consacrée à l'audition chez le chien
que chez l'homme. Leurs oreilles mobiles et indépendantes l'une de l'autre
donnent aux canidés la possibilité d'être à l'écoute de leur environnement
sans devoir bouger la tête et la faculté de distinguer avec une grande
précision la provenance d'un son. Le chien serait capable de localiser
la source d'un son en 6/100è de seconde. Il faut souligner à ce sujet
que les chiens aux oreilles dressées sont avantagés car les pavillons
agissent comme des amplificateurs.
Si la plupart des chercheurs s'accordent
pour attribuer aux chiens une audition semblable à la nôtre en ce qui
concerne les sons de basse fréquence, il semble que le chien soit capable
de distinguer certains infrasons (seuil inférieur : 10Hertz pour le chien
contre 16 Hertz pour l'humain). Si l'on compare humains et chiens, ces
derniers nous surpassent de beaucoup en ce qui concerne la perception
des sons aigus ; en effet, ils détectent de nombreux ultrasons. Alors
que notre limite supérieure se situe aux alentours de 20.000 Hertz (tout
au moins dans notre prime jeunesse car cette faculté diminue ensuite plus
ou moins rapidement), les chiens quant à eux peuvent aisément capter des
sons jusqu'à 40.000, voire 45.000 Hertz. Grâce aux techniques électrophysiologiques,
certains chercheurs ont même décelé des réponses pour des sons de 60.000
Hertz. Les chiens sont capables de faire des distinctions très fines entre
deux sons presque identiques. Ils apprennent, par exemple, très vite à
faire la distinction entre le bruit du moteur de la voiture de leur maître
et celui d'une autre voiture, même si le modèle est identique. De même,
s'ils répondent au sifflet ultrasonique utilisé par leur éducateur, ils
ne réagissent pas à celui destiné à faire obéir le copain.
Même au cours de leur phase de sommeil
paradoxale, les chiens semblent être capables de différencier divers stimuli
auditifs et d'y réagir en conséquence. Hoerlain a montré qu'au-delà de
90 à 110 dB, les sons avaient tendance à provoquer une sensation douloureuse
chez les chiens. On a tout de suite essayé de mettre à profit ces observations
en créant des sifflets destinés à écarter nos petits amis quand ils ne
sont pas désirables (utilisés par exemple par des joggers dont la passion
a tendance à déclencher le comportement de poursuite). Certains de ces
gadgets ont été testés mais les résultats sont peu concluants : si certains
(entre 118 et 120 dB) sont plus efficaces que d'autres, ils provoquent
des réactions différentes selon les individus : fuite ou aboiements. Dans
une autre recherche, si 89% des sujets testés n'ont eu aucune réaction
ou des réactions très minimes, 11% ont adopté différents comportements
: peur, fuite, menaces, voire agressivité.
Tous les stimuli acoustiques ne devraient
pas être utilisés indifféremment car ils n'ont pas tous la même valeur
pour nos compagnons à quatre pattes et certains sont plus efficaces que
d'autres pour provoquer une réponse particulière. Il vaut, par exemple,
mieux utiliser 4 brefs coups de sifflets (ou des ordres brefs) si l'on
désire que notre chien revienne vers nous ou se montre plus actif alors
qu'un coup de sifflet (ou un mot) plus long est plus utile si l'on veut
que le chien se couche ou cesse une activité. Tout comme les nôtres, les
facultés auditives de nos chiens ont tendance à diminuer avec l'âge et
un grand nombre d'entre eux terminent leur vie en étant sourds.
article écrit
par
Jennifer CATTET - Evelyne TERONI
auteurs de :
Le chien, un loup civilisé

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